Partir en vacances à deux est plus compliqué que prévu, et la fête de la couette que vous espériez pourrait bien se terminer en marathon de l’insulte. Pour éviter le cauchemar, apprenez à mieux communiquer à deux.

VOUS PARTEZ TOUS LES DEUX POUR LA PREMIÈRE FOIS CET ÉTÉ. Naïf que vous êtes, c’est même vous qui avez proposé l’idée. Mais avez-vous songé aux embûches que votre couple devra éviter pendant ces vacances ? Vous l’emmenez en Corse ? On parie qu’elle sera malade en voiture. Elle est allergique au fromage ? Vous aurez envie de reblochon au petit-déjeuner. Quand elle ne vous voyait qu’une fois par semaine, elle trouvait mignon de ramasser vos chaussettes sales. Au bout de 3 jours, elle aura envie de vous tuer pour ça. Les occasions de vous disputer vont se démultiplier, et votre couple parfait ne s’en sortira jamais sans de bonnes munitions. Apprenez les mantras de la communication, et sécurisez la ligne !

1/ Le mode agressif tu banniras
Quand vous lui dites : « Si tu continues à laisser tes cheveux dans le siphon de la douche, on n’habitera jamais ensemble», vous pensez que la spontanéité de votre sourire compensera la petite critique habilement glissée dans la phrase. Eh bien, non. Deux possibilités de scénario pour les minutes à suivre. Soit elle fond en larmes et ne vous parle plus pendant 10 jours. Soit elle vous demande de descendre sa valise que vous venez de ranger en haut de l’armoire. Il vous faut d’urgence un cours de communication non violente (CNV). Ce concept (presque) tout neuf a été inventé dans les années 1960 par Marshall B. Rosenberg, mais il n’est arrivé en France que bien plus tard. Le docteur en psychologie clinique a pratiquement inventé une langue dans le but de faciliter les relations humaines. «Dans nos sociétés, le modèle de communication le plus utilisé est fait de frustrations, d’explosions de colère, et/ou de mutisme », constate le Dr Anne van Stappen, auteur de l’ouvrage Sagesse et puissance de la communication non- violente (éd. Jouvence). «Au contraire, poursuit-elle, la CNV propose une autre voie : apprendre à clarifier et à exprimer nos besoins de façon authentique et pacifique. »
Pour les théoriciens de la communication non-violente, nos sentiments sont dictés par des besoins universels, plus ou moins satisfaits. Par exemple : le besoin d’être aimé, le besoin de reconnaissance ou, dans votre cas, celui de vous laver dans une douche dont l’évacuation fonctionne correctement. Tout le problème réside dans la façon dont nous exprimons ces besoins, souvent de manière agressive et blessante. D’où les conflits à répétition. Bien sûr, nous répondrez-vous : «Elle aurait dû comprendre que c’était une plaisanterie». Sauf qu’il y a toujours une grande différence entre le message que vous pensez envoyer et celui qu’elle croit recevoir. Vous n’êtes pas sur la même longueur d’ondes. «Le principal problème dans la communication entre un homme et une femme, mais aussi dans les relations humaines en général, c’est que les mots n’ont pas le même sens pour chacun d’entre nous, analyse le Dr Patrice Cudicio, sexologue et auteur du livre Le couple et la communication (éd. OEL). On croit parler de la même chose mais ce n’est pas le cas, et cela produit beaucoup d’incompréhension. » Prenons notre exemple du banal conflit de salle de bain. Vous pensez lui dire que ses cheveux dans la douche vous agacent ? Elle entend que vous ne l’aimez pas.

Demain, nous verrons le second point !

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