©D.R/Bruno Dos Santos

Qui veut voyager loin – c’est bien connu – ménage sa monture. Aventuriers du deux-roues ayant déjà parcouru plus de 12 000 km à travers 12 pays en vélo tandem, Bruno Dos Santos et sa compagne Ludivine délivrent de précieux conseils à ceux qui veulent pédaler loin !

La préparation

« Ça ne demande pas une condition physique extraordinaire. Ça dépend du temps et des kilométrages. C’est sûr que si on veut aller à Istanbul en 15 jours, il faut être sportif. Après, si on prend son temps, on peut commencer par 50 km par jour, ce qui n’est rien en soit, et se reposer 3 ou 4 jours. »

Les pneumatiques

« Il faut partir avec des chambres à air et une roue en plus. Ça fait du poids, mais on change de pneu tous les 5 000 km en moyenne. Après, il faut checker les pneus, regarder où on roule, mais toujours avoir des pneus de voyage bien gonflés. Il suffit de quelques bars en moins et le moindre caillou peut transpercer ton pneu. »

La mécanique

«Il faut savoir être bricoleur et débrouillard, avoir une connaissance mécanique minimum, et savoir changer une roue. Se méfier des mécanos aussi, ils sont capables de te vendre une pièce qui ne correspond pas et te dire que ça passe. »

L’antivol

« L’achat d’un vélo seul n’a pas de sens : il faut investir sur le couple vélo + antivol. Les câbles ne résistent pas plus de quelques secondes. Le choix d’un antivol en U de bonne qualité en acier très résistant paraît plus utile. »

Le matos de base

« Tente, matelas, sac de couchage, réchaud multicombustible, sacoches, vêtements, hamac, moustiquaire, lunettes, moustiquaire de tête – s’il y a trop de moustiques –, bâche, deux chaises pour le confort, lampe frontale, couteau, pelle pour le trou des toilettes. Et un Leatherman multifonction. »

La sécurité

« Il faut s’équiper en lumières, un drapeau jaune et orange, un KlaxonAirzound (un klaxon qui fait 110 décibels et qui permet d’être entendu dans les moments importants ou décisifs). En Asie, c’est chacun pour soi sur la route, donc si les véhicules entendent un grand bruit de klaxon, ils se retournent tout de suite car ils pensent que c’est un camion, alors que le “gling gling”, ils l’entendent à longueur de journée et n’y font plus gaffe. »

Où dormir ?

«Là où on trouve! Petits coins sauvages, bouts de forêts, champs, bords de plage. Après, on dort aussi dans les guesthouses, chez l’habitant, ou on négocie dans les hôtels pour prendre une douche. Maintenant, il y a le site warmshowers.org, comme couchsurfing.com mais spécifique aux voyageurs à vélo. Sinon, à aucun moment on ne s’est senti en insécurité. Par contre, il y a des endroits où tu sens qu’il ne faut pas rester, où les locaux viennent te prévenir. Il faut aussi faire la part des choses, sachant que c’est plus dangereux de pédaler la nuit. Et au cas où, j’avais un taser, une bombe lacrymo, et le bâton de la GoPro – un bâton en bambou peut faire l’affaire – pour les chiens sauvages. »

Suivez la suite du périple de Bruno, Ludivine et Ayiana, leur bébé né pendant le précédent voyage sur QMTPLP.com  ainsi que sur Facebook et YouTube.

Fabien Menguy